Retour sur le jeune Simon PORTE JACQUEMUS


simon-porte-jacquemus-par-david-baileySimon Porte, naît d’une famille modeste et grandit à Mallemort en Provence. A 18 ans, il part étudier à ESMOD à Paris, qu’il quitte au bout de 3 mois ; puis il devient l’assistant du Directeur Artistique de Citizen K, qu’il quitte rapidement également.
En 2010, à à peine 20 ans, il va alors créer sa première collection de prêt-à-porter féminin et lance sa marque « Simon porte Jacquemus », du nom de jeune fille de sa mère.
Obsédé par la volonté d’avoir un vêtement droit, sans pli, il va voir une couturière de Montmartre qui fait des rideaux et lui demande comment faire une jupe. Il crée ensuite son atelier dans le 11e arrondissent de Paris, et continue aujourd’hui à faire du Made in France. Pour chaque collection, il part d’une femme type et raconte son histoire.
Retour sur le parcours de ce talentueux autodidacte.

Sa première collection, « L’hiver froid » (automne/hiver 2010), est l’histoire d’une adolescente bourgeoise débridée. La socialite Jeanne Damas est sa muse et amie dès ses débuts, et pose pour lui. Pour se faire connaître, il fait porter ses créations à ses amies durant la Vogue Fashion Night Out 2010 à Paris, et défile ainsi dans les boutiques, attirant l’attention des photographes.

La collection printemps/été 2011 « Les filles en blanc », parlent d’infirmières un peu décalées, mélangeant la simplicité et la folie.

La collection « L’usine » (automne/hiver 2011), joue avec l’uniforme des ouvrières avec des vestes oversized et minijupes en laine bouillie. Il organise un mini « happening » à la sortie du défilé Dior pour se faire remarquer auprès des grands noms de la mode. Ses amies manifestent et font la grève du style, portant une banderole « Jacquemus en grève ». Il va même jusqu’à interpeller Emmanuelle Alt (Rédactrice en chef de Vogue Paris), pour lui présenter sa collection.

C’est le top parisien Caroline de Maigret qui portera sa collection « Le chenil » (printemps/été 2012), qui décline une tunique en lin en plusieurs couleurs.

Pour la collection automne/hiver 2013 « Le sport 90 », il met en scène la vie d’une adolescente avec un clip vidéo ambiance « La Boom ».

A seulement 22 ans, il présente sa collection « La maison » (printemps/été 2013) pour la première fois au calendrier officiel de la Fashion Week de Paris.

Pour la deuxième, nommée « La piscine » (automne/hiver 2013), il a imaginé « une fille qui glande autour de la piscine ». Les vêtements sont majoritairement rayés, masculins, et a pour pièce phare un top en moustiquaire blanc dont l’inscription « le pull marine » est découpée au laser dans une laine bleue.

C’est dans une salle de jeux qu’il présente sa collection « La Grande Motte » (printemps/été 2014), qui relate l’histoire d’une jeune fille qui part en vacances à la Grande Motte, tombe amoureuse et mange des glaces. On y trouve du blanc, du bleu électrique et du rose barbie ; dans des matières très simples comme la laine ou le coton, qu’il adore travaillées et qui donnent un côté sportswear à ses vêtements.

Pour la collection « La femme-enfant » automne/hiver 2015, c’est l’histoire d’une fille qui vit comme un enfant : elle joue, elle dessine, elle mange. Ceci est traduit par des formes naïves et des contrastes de couleurs sur ses vêtements.

En 2015, Simon Porte crée quelques pièces en collaboration avec La Redoute. On retrouve ses matières fétiches : laine bouillie et coton, des coupes sobres, du rose pâle et du bleu marine, le tout porté par Jeanne Damas.

La même année, il reçoit le prix spécial du jury au concours international LVMH des jeunes créateurs.

Pour sa collection printemps/été 2016 nommée « Les parasols de Marseille », il reprend les rayures des transats et parasols pour en faire des robes de plage à poches visibles, des chemises-bikini, ou encore des blouses slip de bain XXL ! Le tout en jaune soleil, rose bonbon, bleu azur et blanc. Les mannequins défilent avec le sourire, cheveux mouillés, et nous plongent dans une atmosphère de vacances.

Jacquemus nous surprend avec « L’enfant du soleil » (automne/hiver 2015), en nous proposant des silhouettes moins vives, plus brutes et un brin tribale. Il nous montre une fois de plus qu’il maîtrise l’art des coupes asymétriques comme personne.

La collection resort 2016 « Valérie » rend hommage à sa mère. Fidèle à lui-même, il déstructure le costume, dénude une épaule, le tout en restant élégant et minimaliste.

« Le nez rouge » (printemps/été 2016) est une collection très graphique toute en bleue, blanc, rouge. Les mannequins défilent en binôme pour des combinaisons et des jeux de vêtement à deux.

Pour sa dernière collection « La reconstruction » (automne/hiver 2016), Jacquemus met à mal toute règle de proportion avec des épaules outrageusement accentués, des bouts de différentes pièces nouées, assemblées, on retrouve la force du créateur.

En somme, ce jeune autodidacte au grand sens de l’humour et a l’univers si singulier, se réinvente chaque saison dans une mode qu’il décrit lui-même de « naïve ».

Auteur : Johanna FRIGIERE