Critique du film « Juste la fin du monde »


extrait  Xavier Dolan revient en force avec son dernier film « Juste la fin du monde ». Les critiques reste assez partagées après la sortie du film le 21 Septembre pourtant avec la promesse de belles têtes d’affiche comme Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Léa Seydoux et Nathalie Baye. Ces cinq personnages se retrouvent presque dans un huit clos après douze ans d’absence de Louis. Ce dernier vient leur annoncer sa mort prochaine mais le challenge ne sera pas de tout repos. Ce film dramatique s’est vu attribué le Prix du Jury Oecuménique et le Grand Prix au Festival de Cannes 2016 ainsi qu’une nomination au Festival du Film Francophone d’Angoulême de 2016.

Nous sommes très vite plongés dans le film de manière in situ afin que nous, spectateur, nous faisions également parti de cette famille. Xavier Dolan nous laisse quelques indices qui s’éclaircissent tout au long du film pour comprendre le rôle de chacun. Louis est le fils qui a quitté sa famille il y a 12 ans. Sa mère inquiète mais toujours souriante en toutes circonstances. Suzanne, la sœur qu’il a à peine connu. Antoine, le frère immonde dans ses paroles et à l’égard de ses proches. Puis, Catherine, la femme d’Antoine, observatrice et délicate.

Tout au long du film un clima s’instaure à partir du moment où Louis ouvre la porte de la nouvelle maison familiale. En effet, on apprend plus tard qu’ils avaient difficilement quitté une précédente demeure que Louis demande à visiter sur un ton nostalgique. Les souvenirs et la nostalgie ont une place prédominante au sein du long métrage. C’est pourquoi le personnage de Louis est aussi agréablement en osmose avec cela grâce à sa sensibilité et sa délicatesse à l’égard des souvenirs familiaux. Son caractère est cependant difficilement accepté par ses proches et particulièrement son frère Antoine. Les personnages nous offrent des ___ crus et familières qui permettent de toucher plus facilement le public. Ces derniers nous irritent tous plus ou moins à cause des caractères qui ne font que se contredire créant une atmosphère pesante en fin de film.

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En effet, ce clima va monter de plus en plus aidé par des sonorités gênantes, une canicule qui fait de plus en plus transpirer les acteurs et un besoin de fumer oppressant. En tant que spectateur notre souffle est perturbé par ses fumées de cigarettes qui s’accumulent, le stress des personnages traverse l’écran et notre estomac se noue de plus en plus comme un malaise qui s’instaure. Ce sont de simples querelles familiales regroupés dans un huit clos représentées par un film, mais c’est ici que l’audace de Xavier Dolan apparait.

afficheTout d’abord par le choix des musiques. Louis perçoit plusieurs flashbacks, et le réalisateur canadien ne manque pas à utiliser une musique atypique presque humoristique tant elle a été moquée : O-Zone – Dragostea Din Tei. Cependant, il ne manque pas de mêler ce type de musique avec des sonorités beaucoup moins osées comme Moby afin de ne pas perdre non plus le spectateur avec cette touche d’originalité. Cette audace se retrouve également dans la colorimétrie avec très certainement l’utilisation de gélatine. On retrouve cela dans un nouveau flashback durant l’adolescence de Louis ou encore de la scène finale ou le climax est à son apogée.

Xavier Dolan ne manque pas également de brouiller les pistes avec des détails qui ne seront jamais réellement expliqués mais que chaque spectateur peut interpréter à sa manière. C’est un genre de film très ouvert qui a surement susciter les critiques négatives du film que l’ont peut voir. Mais c’est également ce type de film qui est au goût du jour et qui permet de au réalisateur de laisser son public interpréter que détail comme il le souhaite. En effet, dès le premier plan on retrouve Louis dans l’avion pour rejoindre ses proches mais un enfant lui cache les yeux. On ne saura jamais qui il est et pourquoi il était là, à cet instant. Ou encore, à la fin du film, un oiseau vole dans toute la maison et meurt après s’être pris un mur. Louis remarque aussi quelques détails changeant depuis son départ comme la main étrangement abimée d’Antoine. Enfin, Xavier Dolan choisi de ne donner aucun repère spatio-temporal afin que le spectateur se plonge plus facilement au sein du film.

L’esthétique visuel et sonore ainsi que le mystère permettant de laisse libre court à son public, Xavier Dolan a tout saisi. Un film narrativement simple mais tout aussi perturbant par la curiosité qu’il suscite.

Auteur : Chloé Delattre.