Portrait d’un mannequin atypique: Odile G.


Parle nous un peu de toi, d’où tu viens, ton âge, ton parcours, ce que t’aimes (ou pas).
Je m’appelle Odile, j’ai 23 ans, j’ai grandi en région parisienne et je travaille maintenant sur Paris après avoir suivi un cursus en graphisme dans le nord de la France. J’aime chiller, boire des coups avec des potes, sortir, danser, chanter et je n’aime pas ne pas pouvoir faire tout ca.

Etait-ce ton souhait de devenir mannequin ou ça t’est tombé dessus comme ça ?
Si non, qu’est-ce qui s’est passé ? Repérée ? Qu’est-ce qui t’as convaincue de te lancer ?
Pas vraiment, en réalité, il y a 3 ans, après m’être abonnée au magazine Paulette, des amies m’ont poussées à laisser ma candidature sur leur site, car le magazine fait poser leurs lectrices. A cette époque je n’avais pas trop confiance en moi mais je me suis dit que je ne perdais rien à essayer. Peu de temps après on m’a recontacté et j’ai fait la couverture de leur 10e numéro. Ce n’est qu’un an après cette première expérience que je me suis décidée à postuler en agence, encore une fois poussée par une amie.

Qu’est-ce qui te plait dans ce job ?
Ce qui me plait c’est qu’il me permet de gagner en confiance. Pour moi, poser permet de se confronter a ce que l’on est et aussi de contrôler l’image que l’on renvoi. J’ai beaucoup de mal a accepter mon physique « atypique », mais poser m’a réellement permis d’avancer.

Qu’est-ce qui t’énerve ?
De ne pas avoir beaucoup de boulot… En soit je dois dealer avec deux aspects : d’une part mon physique atypique et de l’autre mes formes. Je pense qu’il serait beaucoup plus facile pour moi d’avoir des contrats si je ne combinais pas les deux. Aujourd’hui encore, les marques, quand bien même leurs critères changent, cherchent toujours des physiques et des gueules dans lesquels le plus grand nombre peuvent s’identifier.

Comment ça se passe d’ailleurs en fait le mannequinat ? Tu démarches ?
C’est l’agence qui te propose des boulots ?
En matière de rémunération, tu fais ça par plaisir ou c’est un job à part entière ?
Au point où j’en suis, mon agence me propose très peu de contrats, du coup je me fais surtout contacter via les réseaux sociaux pour travailler. Ce n’est pas souvent rémunéré, mais il faut montrer que t’es actif pour gagner en visibilité et renouveler ton book.

En agence aussi à l’étranger ? Pourquoi ?
Non mais c’est un objectif que je me fixe. J’aimerais tenter Londres ou New York, car ce sont des villes plus ouvertes à la diversité dans le mannequinat et je pense que mon physique leur parlerait surement plus.

Pendant tes études tu conciliais ça comment ? Et maintenant que t’as un boulot ?
J’ai du combiner les deux pendant un an seulement. Ca a été assez compliqué parce que c’était ma dernière année de formation. Résultat, j’ai du rater pas mal de cours tout comme j’ai du refuser pas mal de contrats. Le mannequinat est une profession éphémère et je ne voulais pas rater mes études pour ca.
Maintenant que je travaille, par « chance » j’ai moins de propositions, donc j’essaye de programmer ca sur mes weekends sinon je refuse, même si c’est rémunéré. De plus, mon travail me prend beaucoup de temps et je commence à être fatiguée de combiner les deux.

Est-ce que t’aurais des conseils à donner pour quelqu’un qui voudrait se lancer ?
De persévérer, de savoir écouter les conseils que des professionnels peuvent donner, et de ne jamais abandonner si c’est vraiment ce que l’on veut faire.

Auteur : Océane RENOUF