Alexander Mc Queen : Collection automne hiver 2015


«L’esprit de la rose»

C’est le nom donné par Sarah Burton pour sa collection Automne Hiver 2015/2016 inspirée du style victorien. Elle a présenté une collection délicate qu’elle a décrite en trois mots: «Nature, fragilité et beauté.» Burton a eu à l’esprit les photographies de David Sims qui a consacré un livre à l’essor et au déclin de la rose . Celles-ci sont photographiées sur un fond noir, ce qui rend encore plus dramatique le fait qu’elles se fanent.  «La nature usée de réalité et la beauté d’imperfection.»

La rose est le motif central de Burton : Elle commence par un embryon serré qui s’ouvre et devient une fleur luxuriante puis s’effondre finalement sur elle même. Les femmes peuvent être dans leur jeunesse de parfaites beautés, mais une autre beauté apparaît avec l’âge. Cela vaut aussi pour les vêtements de la maison, qui ont toujours été intemporels.

La collection regroupe trois grands textiles : Le cuir, souple et noir, la dentelle, fine et précise et la mousseline qui créait des drapés et de forts contrastes. Le relief apporte une sensation de légèreté et de volume.

On retrouve la rose sous différents motifs : La dentelle fine laisse apparaître sur les chemisiers des détails de la fleur, cela représente probablement le bourgeon de la rose, fragile et discret. Sur les manteaux en cuir laqués noirs, ou sur les blazers à épaulettes, la fleur est représentée entièrement. C’est l’apogée de celle-ci, elle est fière et flamboyante. Enfin, les plis, volants et drapés de la mousseline illustrent la fleur qui se fane et s’effrite.

La teinte dominante de la collection, malgré le fait que les fleurs en soient l’inspiration, est le noir. Quelques pièces sont roses poudré, rouges sang ou encore ivoires.

Il existe une trame constante: la transparence et la superposition. Comme les pétales qui entourent le cœur de la fleur et se détachent au fur est à mesure de la vie, la femme se dévoile avec le temps et laisse apparaître une autre figure. La pièce sans le corps semble fade comparée à celle qui est portée car le corps crée une nouvelle nuance et un contraste.

Le faux négligé est présent tout au long de la collection, en rapport avec la décrépitude florale: les différentes couches et plis de la mousseline, comme des rides, les robes ouvertes comme si la couture avait craqué, et les détails de dentelle séparées du reste de la tenue détachées par le temps.

Les vêtements restent près du corps et s’évasent à partir de la taille. Des détails bouffant dans les tenues rappellent l’époque victorienne: les grandes manches tombantes, les épaulettes d’une veste ou les manches drapées d’une robe. De longs gants et une brassière en dentelle, telle une colonne vertébrale, donne un ton et un port de tête impérial.

Cette collection n’est pas sombre malgré les tons de décrépitude qu’elle illustre ; les matières nobles donnent du dynamisme et du mouvement à l’ensemble de celle-ci. De plus, la peau apparente évoque la vie par sa couleur et ses formes.

Auteur : Mahaut Daire