L’histoire d’une marque : WALTER VAN BEIRENDONCK


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Portrait de Walter Van Beirendonck – Source : SPEX Magazine, Septembre 2011

Aspect humoristique, souligné d’un palette de couleurs flamboyantes, c’est sous des airs de pop, folk et de trash que Walter Van Beirendonck s’impose comme un des pionniers de la mode Belge depuis plus de 30 ans. Portrait d’une marque qui contribue à faire avancer la mode vers une nouvelle logique…

« My goal is to change the boundaries of fashion » (« Mon but est de changer les frontières de la mode »), c’est chose faite ! Walter Van Beirendonck, ce n’est pas seulement des vêtements, c’est essentiellement un challenge continu pour créer des collections qui reflètent sa vision personnelle du monde en dehors du style et des tendances. Né en 1957 à Brecht, Belgique, sa marque éponyme prend forme 25 ans plus tard. Il fait ses armes à l’Académie Royale d’Anvers, au moment où des créateurs comme Montana, Gaultier, ou Yamamoto ont un succès international. Fasciné par leur énergie, ces derniers prouvent que dans l’industrie de la mode, il y a une place pour beaucoup de choses, notamment le moyen de prendre part à certaines positions, de véhiculer un message. En 1982, sa première collection intitulée « Sado » (en référence à son bull-terrier blanc), crée beaucoup de controverses en Belgique. Cuir moustache, muselières et fouets font l’effet d’une bombe que beaucoup de gens rejettent. Néanmoins, la marque ne s’arrêtera pas là. Le célèbre défilé « The British Designer Show » à Londres en 1987 détermine son avenir avec sa collection « Bad Baby Boys ». Un an plus tard, il ouvre sa première boutique à Walter, Anvers. Au fil de ses collections, Walter Van Beirendonck reste fidèle à une démarche spontanée et intuitive, sans intérêt marketing ou commercial. Attaché à sa liberté d’expression, ses créations abordent, à chaque saison, un aspect social ou politique. Parfois sombre et sadomasochiste, ou au contraire, naïf et fantaisiste, le mixe de WVB entre l’art et la mode s’inspire du monde, de son monde.

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Les « Six d’Anvers » – Source : http://www.tourismebelgique.com

Issu de la même promotion que ses camarades Ann Demeulemeester, Dries Van Noten ou encore Dirk Van Saene, il est perçu comme le plus excentrique des « Six d’Anvers ». Ce groupe d’étudiants de l’Académie Royale d’Anvers est révélé dans les années 80, considéré comme la nouvelle vague de couturiers belges de l’Anti-Fashion. Chacun tente de remettre en cause la normalité et les concepts établis dans le monde. La beauté dans la laideur, l’innovation dans la banalité font parti du fil conducteur de leurs créations. Depuis, WVB ne cesse d’expérimenter cet univers marginal et créatif, en s’inscrivant dans une certaine modernité.

Aujourd’hui, la maille est un incontournable de la marque : ornée de messages osés, de motifs sexuels ou de personnages délirants de bande dessinée, elle est toujours déclinée et réinventée. Les couleurs criardes des pièces témoignent d’un optimisme éclatant, tout en constituant l’ADN de la marque. Références aux costumes de théâtre, de cinéma et de scène, le vêtement Walter Van Beirendonck laisse la vague impression d’être seulement amusant ou dérisoire. La surprise, c’est qu’en réalité il est porteur d’un message, le fruit d’une réflexion importante sur le contexte politico social, économique ou religieux qui l’entoure. L’originalité, l’hédonisme et le côté provoquant présents dans chaque nouveau défilé font de WVB une ressource inépuisable d’énergie. En fait, tout cela devient évident quand on sait que son approche de la mode est déclenchée par les looks de David Bowie…

Auteur : Sarah Croset