Le Festival Européen de la Photo de Nu 2015


Pour sa 15ème édition, Arles accueille toujours plus d’exposants pour son festival européen de la photo de nu. Présentation des exposants :

affiche festival européen de la photo de nu

Parmi eux, Elian Bachini qui connaît très bien les lignes du corps, puisqu’il est photographe de danse et de théâtre. Il s’adonne complètement à la photographie, ayant pour principale ligne directrice de sortir du cadre pur de la photo, avant de regretter amèrement d’avoir laissé de côté la peinture et le dessin, ses premiers amours. Grâce aux nouvelles technologies, il laisse libre court à son imagination, et décide de chambouler les codes de la photo en y agrémentant de la peinture, du dessin, de la sculpture. Désormais, et dans la série photo intitulé « Amours premières » qu’il expose durant le festival, les modèles ne sont plus essentiellement des danseurs, puisque le corps est quelques fois peint depuis la prise de vue tandis que l’image, elle, ne cesse d’être retravaillée. Le fond de son projet est bien évidemment de rester dans la photographie, tout en évoquant un semblant d’ébauche, d’esquisse… Il s’en dégage alors une émotion toute particulière.

De même que Fabien Lapouge dans sa Série Sutura, s’est amusé a photographier des femmes nues et a griffonner sur leur corps des formes géométriques à la règle, comme pour signifier que chacune d’entre elle est unique.

Isabelle Banco recherche à faire apparaître dans la richesse de ses lieux « l’objet naturel » que peut devenir le corps, c’est pourquoi elle s’attache plus particulièrement aux particularités physiques en essayant de comprendre comment celles-ci peuvent former entres elles un corps vivant et singulier. Cela lui permet alors de dialoguer avec le corps de ses modèles.

Nathalie Bagarry, trouve en chacun de nous quelque chose d’humain, de beau, de charnel, comme si chaque grain de peau était photogénique. Elle trouve intéressant de photographier l’homme nu pour rendre compte de sa force, mais aussi de sa faiblesse. Elle estime que la peau ouvre sur l’autre, puisque c’est un lieu de partage avec les autres, en effet la peau ouvre sur le monde. Dans sa série ONU, elle photographie un fragment de peau pour rendre également chacun unique.

Serge Equilbey, expose une série photo avec la vague impression qu’il s’agit davantage d’une peinture tout droit sortie de la mythologie que d’une véritable photo studio. Il y a certes un fond de vérité puisque les œuvres existent réellement dans le patrimoine français, seulement on y a inclus des personnages réels, photographiés en studio. Cela oblige donc le modèle à rejouer la scène initiale. Aucune retouche n’est faite, qu’ils s’agissent de l’attitude ou de la forme que prennent les corps, puisque tout est déjà réglés en studio. L’idée ici est de mélanger le passé avec le contemporain, l’inerte avec le vivant.

Stéphanie Kristiphic, recherche dans chaque corps qu’elle photographie l’ambiguité qui réside entre l’animalité et la divinité qui peut y apparaitre. L’homme est un être de chair et d’esprit qui cherche, et en même temps à la volonté de se soustraire, aux regards des autres. Dans la série qu’elle présente lors du festival, elle joue avec les ombres et la lumière pour faire rayonner et découper les corps. Le corps, fait de cendre et de poussière, semble faire figure de passé mais aussi d’avenir dans chacun de ses clichés.

Xavier Berton, estime qu’il est difficile de parler de son ventre, mais plus encore de le montrer. Le ventre, signe d’un mal permanent dont on n’arrive pas à trouver l’origine, est un siège d’émotions agréables comme douloureuses. Il estime que le ventre est comme un deuxième cerveau, qui a lui aussi droit à son portrait. Le portrait du ventre relève l’intimité de chacun sans aucune considération esthétique. Berton s’intéresse donc à l’invisible, à la face cachée de chacun.

Alain Rivière-Lecoeur, parcours dans ses photos l’amitié étrange qu’il peut exister entre un Homme et un animal tel que le python, l’aigle… pour ainsi les faire fusionner dans d’étrange mouvement à jamais saisis dans la glaise.

Jorge Luis Santo Garcia, expose dans son travail une sorte de totem humain en travaillant l’espace et les formes. Il débute par une séance photo, pour ensuite créer un tout nouveau personnage venu de son imagination. Le but, oublier les critères de beauté et la diversité humaine, en jouant avec les formes cubistes. L’objectif : arriver à un réalisme magique.  Par ailleurs, il cherche à faire de la femme un déesse, en déconstruisant l’espace et le corps. Son travail fait voyager dans la spiritualité.

Klaus Kampert, explore dans son travail la relation complexe qu’il existe entre le corps, l’âme et l’esprit. Il présente donc pour l’exposition, une série qui met en jeu l’espace afin de traiter de façon inédite le corps humain. Le contraste significatif entre les formes et le corps révèle une expression propre au corps. Ici la structure prend tout son sens, car sans elle on ne pourrait pas remarquer la forme que prend le corps, qu’il soit en mouvement ou statique.

Richard Schroeder, à la volonté de prendre en photo uniquement des femmes de type caucasienne et rousse afin de bien faire ressortir le contraste existant entre la peau blanche et la crinière rouge feu de certains de ses modèles.

Arnaud Vareille, utilise le corps de la femme, plus spécifiquement de la danseuse, toujours en mouvement dans ses photos. Dans la série qu’elle expose, c’est Prêle Mainfroy qui a dansé nue devant son objectif. « Nous avons dansé ensemble, Prêle avec son corps et moi avec mon appareil photo ! ». Le corps se fond alors dans le décor, passant d’une image fixe à une image animée.

Emmanuel Orain, lui, regroupe plusieurs images en une seule pour montrer les différentes positions que peut prendre le corps quand il est en mouvement.

Flore Tricotelle, veut mettre une claque aux standards de beauté relatés dans toute la presse mondiale, et cherche dans ses photos à faire réapprendre à aimer son corps tel qu’il est. Elle reste sous les influences de la peinture nue du 19ème siècle, et s’offre alors, dans sa série Nos Corps, 20 autoportraits d’elle de dos et nue. L’objectif est vraiment de voir son corps sans artifice, juste son corps. Inspirée par la thématique, elle a ensuite photographié plus de 70personnes de tout sexe et de tout âge.

Frédéric Broders réalise une série à partir d’image de corps qui bouge de manière très lente. Le résultat est tout simplement bluffant puisque le corps se confond avec celui d’un oiseau.

Jérémie Mazenq, se met à l’air du temps. Il remarque que les nouvelles technologies ont données à notre image une place primordiale. Grâce à quoi, l’image que l’on montre de soit-même aux autres est toujours poussée dans ses derniers retranchements, dévoilant parfois des parties beaucoup plus intime. « Le monde virtuel a réussi le pari de nous déshabiller ». C’est ce phénomène que Jérémie a voulu mettre au cœur de son travail. Il représente la nouvelle technologie par un Ipad, ou chacun peut se cacher derrière.

Louis Blanc, dans cORpuS II, il présente son travail avec Véronique Bourgeois, autre spécialiste de l’autoportrait. « Les corps mélangés, imbriqués perdent leur identité propre pour créer une nouvelle entité corporelle et émotionnelle qui nous interpelle… et nous touche ! ».

Et enfin Hubert Helleu, ancien danseur, qui décide de rendre hommage a ses modèles dans cette série photo. Il affirme que chacun est beau dans sa nudité, car livré à aucun artifice. Chacun est alors beau dans sa faiblesse.

 Auteur : Priscille MOLITOR