Exposition de Nicolas G.Abes à Lille


1/ Pourrais tu te présenter en quelques mots… Tu fais de la photo depuis longtemps ?

Nicolas G.ABes PortraitJe m’appelle Nicolas G. Abes. J’ai 31 ans et suis né à Mouscron en Belgique. J’y ai grandi et y ai fait mes études (Tournai). Je vis à La Madeleine depuis environ 2013. Je suis artiste photographe, portraitiste et professeur d’arts visuels. J’ai fait deux écoles d’art. En fin de secondaire : Saint-Luc en section Art concept. En supérieur : Académie des Beaux-Arts de Tournai en Section Arts numériques les deux premières années, et les trois dernières en Arts Plastiques pour atteindre un Master 2 avec spécialisation dans la pédagogie.

La première vraie expérimentation fut lors d’un voyage à l’étranger où j’ai découvert en bidouillant, comment faire du light painting et cela avec un simple compact (Pentax Optio S). C’était en 2005 et j’étais en terminale. Ensuite j’ai appris les bases de la photo argentique et numérique en 1ère et 2ème Bachelor.

J’avoue ne pas avoir eu d’affinité avec la photographie au départ. Je venais du dessin, de la peinture. Je ne connaissais rien et me méfiais beaucoup de la photographie à cause de la publicité qui souvent en abuse. J’aurai aimé continuer dans l’argentique, mais au bout de la 2ème Bachelor, j’ai développé une intolérance aux produits chimiques volatils.

Je me suis véritablement lancé dans la photo numérique à partir de la 2ème Master, j’ai eu le fameux « déclic » qui m’a fait comprendre l’importance de traduire certains concepts par la photo. J’ai donc commencé à bosser avec des modèles, souvent des amis ou connaissances.

2/ Tu exposes des thématiques très différentes. Pourquoi ne pas t’être concentré sur une seule ?

J’expose différentes thématiques car il est très important pour moi de ne pas être classé comme « tel » ou « tel » type d’artiste. Je suis polyvalent et cela me plaît énormément. Je suis avant tout un Artiste Plasticien avant d’être un photographe, donc mes outils sont le prolongement de mes concepts. Pour moi, être multidisciplinaire c’est mon identité. Demain, si un projet nécessite de la video, de la peinture ou de l’art sonore, ce ne sera pas un problème, je me suis formé aux bases de tous ces domaines.

D’entrée de jeu, c’est ce que je veux qu’on comprenne, mais je me concentrerai sur des thèmatiques lors de futures expositions. Je vois cette occasion de donner au public des coup de cœurs qu’il pourra décider de suivre.

3/ Le choix des photos pour l’exposition ne fut pas trop difficile à faire ?

Oui effectivement, ce n’est pas évident de faire une sélection, car il y a de nombreux paramètres à prendre en compte. Mes propres préférences, les statistiques web, les avis du public lors d’autres expos ou rencontres, l’équilibre et la variété des compositions et des thématiques, l’équilibre spatial d’installation, etc…

4/ Comment choisis tu tes modèles et maquilleuses ?

Pour les modèles, cela dépend totalement de chaque thématique. J’ai quelques règles qui reviennent selon certains cas.

Par exemple, dans les portraits de style « dark beauty » je fais mon choix en fonction de mes propres goûts personnels par rapport au type de morphologie et beauté. C’est cette perception, sensation, attraction presque sacrée se transforme en inspiration puissante. En général, au plus je trouve le modèle beau, au plus cela m’inspire, mais l’entente importe aussi car l’échange humain est un facteur qui influence beaucoup le résultat.

Pour le body painting, c’est souvent une question de compatibilité avec le visage et le style graphique. C’est avant tout une question de rapport de forces plastiques. D’un autre côté, certaines peintures corporelles que j’ai baptisées de style « totémiques » sont étudiés de manière unique pour chaque modèle. Le graphisme est donc créé pour le corps.

Et enfin, pour certains projets typiquement plastiques, le type de morphologie importe moins. Pour des nus cinétiques, souvent, seule la silhouette compte.

Du côté des maquilleuses, j’ai trouvé assez rapidement une collaboratrice récurrente : Karine Fradet. Même si au départ elle est une maquilleuse classique, elle se prête tout de même au jeu de créations plus artistiques. Parfois je l’aide à compléter les maquillages artistiques qui sortent de ses habitudes. Karine est souvent très bookée donc je suis toujours ouvert à des partenariats supplémentaires.

 5/ Tu fais des photos en studio, parle nous de celui ci et de ton matériel …

Je dispose de l’espace minimum pour créer. Je travaille à domicile dans une pièce de 3m sur 3m. J’ai mes fonds en vynile blanc, gris, noir (2,75m) et mes spots. Mes flashs sont très basiques, de l’entrée de gamme, 3 flashs Studio et un portable. Côté reflex, le quasi minimum aussi : un D5200. Je bosse mes photos sur un vieil iMac grabataire. Vous l’aurez peut-être compris : Je compte plutôt sur mon ingéniosité que sur mon matériel.

6/ Qu’aimerais tu changer pour améliorer tes photos ?

Un réflex avec un plus grand capteur ! (Père Noël, si tu m’entends) J’aimerai aussi délocaliser mon studio, car ce n’est pas toujours évident de bosser avec les contraintes du domicile. Dans l’idéal, il me faudrait un plein format avec des fonds de 3m.

Je suis habitué à bosser avec des contraintes techniques, donc bosser dans un studio mieux équipé serait forcément mieux, mais pas indispensable pour moi créer. Je suis débrouillard ! Il faut d’ailleurs que je teste le fameux snoot avec une boite de pringles ! (rire)

Le vernissage de  l’exposition de Nicolas se fera ce soir 2 Mars dés 20 h au Spotlight à Lille (100 rue léon Gambetta)

Elle sera visible jusqu’au 31 Mars 2015. Pour en voir plus www.nicolasabes.com