Carnet de voyage : Australie – Nouvelle-Zélande par Yoann Kerwich


Direction le continent océanique pour ce carnet de voyage avec un éventail de prise de vue entre paysage et portrait, mais aussi des conditions différentes entre désert et glaciers.Yoann Kerwich

Tout d’abord le choix du matériel, boitier full frame fraichement acquis et pour l’accompagner, mon choix se tourne vers ces objectifs :

– 24-70 mm f/2.8 : Zoom transtandart permettra de couvrir une bonne plage focale avec la particularité de pouvoir faire du paysage à 24 mm comme du portrait à 70 mm avec un bokeh.

– 50 mm f/1.4 : ultra lumineux, discret, objectif de base dans la photographie et dans le reportage, permettra de réaliser de joli bokeh « flou d’arrière-plan » et de réaliser des photos en condition de faible lumière (musée, bar etc…) sans avoir recours au flash cobra
– 105 mm f/2.8 : Objectif pour le portrait et pour la réalisation de photo de macro, c’est mon premier vrai objectif et restera mon coup de cœur pour sa double compétence

Le tour des objectifs fait, passons maintenant au plus. L’ensemble des objectifs est couvert avec un filtre UV pour deux raisons ; la réduction des effets néfastes due au voile atmosphérique qui peut dégrader l’image lors des prises de vues de paysages, mais aussi et surtout pour la protection de la lentille frontale.

L’objet indispensable est le filtre polarisant pour les paysages et donc dans ce cas placé sur le 24-70 mm. Le filtre polarisant sera utilisé pour atténuer les reflets, jusqu’à parfois les enlever complètement. Il va raviver les couleurs en les saturant, par contre il demande un peu de maitrise et pourra faire perdre 1 ou 2 diaph.

MelbourneL’autre objet indispensable est le trépied, et pour ce voyage, je me suis tourné vers le BeFree de Manfrotto, petit, facilement accrochable à un sac, bon compromis de poids entre stabilité et lourdeur. Petit bémol encore au niveau de la rotule ball et surtout au niveau de la vis en plastique qui semble très fragile… à manipuler avec la plus grande précaution.

Pour aller plus loin, je pratique la photographie en pose longue et donc j’utilise des filtres ND (neutral density) qui permettent grâce à leur pouvoir bloquant d’augmenter mon temps de pose ; cela me permet d’équilibrer l’exposition entre le ciel et le sol lors de photo de paysage et dans un cadre plus artistique cela permet aussi de donner un effet de « filé au nuage » ou encore « brumeux » à l’eau.

Enfin, je profite de se voyage pour investir dans une télécommande filaire intervallomètre ayant pour premier but de diminuer le flou de bouger avec un déclenchement à distance, mais aussi, et surtout, de profiter des grands espaces sans pollutions lumineuses pour tester les filés d’étoiles et la prise de vue de la voie lactée… tout un programme.

Évidemment, une batterie, des cartes mémoires et un disque dur réservé uniquement à la sauvegarde des photos est obligatoire.

Voilà pour la description du matériel, et sur le terrain cela donne quoi ???

Je distingue technique et savoir-faire, parce que je veux marquer une petite nuance : on peut maitriser son boitier sans être à l’aise avec la photo de voyage. Le savoir-faire, c’est l’expérience, savoir anticiper. Reconnaître une situation pour en tirer le meilleur, et provoquer la chance.

tongariro Alpine crossing - Yoann Kerwich

Le problème principal du voyageur, c’est le temps. On pourra rarement rester trois jours sur place à attendre, et pourtant, c’est ce qu’il faudrait : repérer le lieu parfait, et y retourner jusqu’à ce que tous les éléments s’accordent pour la photo parfaite. Mais c’est difficile pour le simple voyageur, qui n’a que quelques jours ou quelques semaines.
Pour autant, il faut savoir se donner une heure, se lever tôt pour espérer une belle lumière même s’il pleut depuis dix jours, être constamment sur le qui-vive. En fonction de mon itinéraire dans un pays, je recherche au préalable des images sur internet (500px ou simplement google image) des villes, monuments, endroits où je vais m’orienter. Ainsi, cela me donne déjà une première idée de l’endroit et des possibilités photographiques.

Du coté des paysages, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont largement de quoi faire, offrant des paysages urbains avec des grattes ciels aux paysages maritimes, désertiques, montagneux. Privilégier les horaires du lever du soleil ou du coucher du soleil (petit tour sur google blue hour, golden hour) instant où la lumière est la plus douce et où la couleur du ciel peut donner lieu à de magnifiques couleurs dans le ciel comme sur terre.Panorama Uluru - Yoann Kerwich

Pour la composition des paysages, j’essaie le plus souvent de respecter la règle des tiers (un tiers de ciel pour deux tiers de terre ou l’inverse), l’hyperfocale et une ouverture à f/8 ou f/11 avec une correction de l’exposition manuelle. Il m’arrive souvent d’utiliser l’option bracketing de mon boitier pour réaliser trois photos d’un même paysage à différente exposition et de compiler (sous Photoshop ou Lightroom) ces photos en choisissant la meilleure exposition de chacune d’elle enfin d’obtenir une seule et même photo (technique de DRI). Autre petite astuce pour la photo de paysage, j’utilise souvent la technique de panorama. Je prends plusieurs photos avec les mêmes paramètres en les chevauchant d’environ 1/3 de correspondance. Une fois mon nombre de photos voulu, j’utilise l’option photomerge de Photoshop pour assembler mon panorama ; Comment simuler un ultra grand-angle sans dépenser l’argent, évidemment comme toute technique elle comporte ses limites.

Pour les portraits, je privilégie la rencontre et la demande aux personnes avant de leur tirer un portrait. Je trouve cela bien plus enrichissant et respectueux d’un point de vu humain. De plus, on garde en souvenir de la rencontre que l’on peut retranscrire lors de la présentation du portrait.Yoann Kerwich

Au niveau des conditions climatiques, le sable et l’humidité sont les plus grands ennemis, mais rien de tel que des sacs plastiques avec un trou de la largeur de l’objectif pour le laisser passer et de coller avec du ruban d’adhésif pour protéger le matériel (oui c’est du bricolage comme solution, mais çà protège…)

Pour conclure, cet article de carnet de voyage dans le domaine de la photo, pensez une fois votre photo prise à baisser votre objectif et à prendre le temps de regarder ce que le monde vous offre le temps de quelques minutes.

Auteur : Yoann Kerwich