Rencontre avec Martial Lenoir et de « La Loge des rats »


Martial Lenoir est né en 1971, au Pays Basque, désormais il vit et travaille à Paris. Il a intégré l’école EFET et devient assistant par la suite auprès du studio Daguerre, de Nacer Messili, Gérard Harten, Thien et Francis Hammond. Il décroche également des tests de mode pour les agences Metropolitan, Elite, Madisson et Success.

Dans sa série « La Loge des rats », Martial Lenoir travaille sur la lumière, l’ambiance du petit local où se changent les artistes tout en restant prudes, secrets… Martial Lenoir nous emmène alors dans son univers et nous raconte une histoire.

Pourquoi avoir choisi le sujet du burlesque, du déshabillé ? D’où vient le titre du livre « La loge des rats » et quel est son principe ? Pourquoi créer une mise en fiction sur votre 4ème de couverture ?
Je suis venu à la photo sur le tard, vers 30 ans, et auparavant je ne m’étais jamais intéressé à ce média, que je trouve encore aujourd’hui, assez limité. C’est pour cela que j’écris des histoires avant de les mettre en image, comme pour la série la loge des rats, ou les garçonnes.  Je suis souvent inspiré par le cinéma, dans lequel je cours me réfugier dès que je peux. J’ai grandi dans une librairie de BD, je pense que cela m’a aussi influencé, sans forcément m’en rendre compte. Et puis j’ai la chance de vivre à Paris, où il y a entre autre le musée du Louvre que je revisite régulièrement.

Je n’ai pas choisi le thème du burlesque, il s’est plutôt imposé dès que j’ai débuté les images de cette série, par l’ambiance du lieu que j’utilisais et la lumière qui est naturelle. Mais à ce moment là en plus je ne savais même pas ce que c’était, vu que le burlesque n’était pas du tout à la mode. J’ai assez vite écrit l’histoire, et tourné autour pendant 2 ans avant de vraiment obtenir le résultat escompté.

Comment avez-vous trouvé et choisi vos modèles ? Comment avez-vous effectué le choix physique ? Sachant qu’elles sont très différentes ?
Pour les modèles, au début, j’acceptais pratiquement toutes celles qui voulaient, vu qu’il n’y en avait très peu. Merci d’ailleurs aux premières aventurières. Puis au fur à mesure, j’ai eu de plus en plus de demandes, j’ai commencé à essayer de choisir les physiques les plus intemporels, les plus atypiques. Cela me changeait enfin de la mode, où tout est souvent stéréotypé. Là il me fallait des personnalités.

D’où vous vient cet aspect dé-saturé des images et pourquoi avoir fait ce choix esthétique ?
Il y a très peu de retouche, tout est pratiquement fait à la prise de vue. J’ai trouvé assez rapidement, et avec un peu de chance, le moyen de m’approcher du rendu des autochromes, en gardant, dans la mise en décors, et dans le stylisme, un univers monochromatique.

Comment gérez-vous la censure sur Facebook (on y voit parfois aucune censure et parfois des carrés afin de cacher certaines parties du corps) ?
La censure sur Facebook, je la trouve complètement ridicule, par rapport aux critères qu’elle considère comme choquants. Cela m’arrange finalement, ainsi, on ne peut y voir que des images tronquées, recadrées, ou floutées. Donc si l’on veut voir les vrais images on va sur les bons sites, ou encore mieux aux expositions des artistes.

Avez-vous eu des difficultés à trouver un éditeur ? Comment avez-vous décidé du nombre de tirages ? Et de quelle manière faites-vous la promotion de votre livre ?
Pour le livre, c’est le 3ème que je fais. Il y en a eu 2 chez Ragage édition, mais c’était en limité. Pour celui ci c’est de l’autoédition, car j’ai rencontré un imprimeur génial qui m’a proposé de la grande qualité, en me faisant plein d’avantages. Depuis, j’ai 2 éditeurs qui m’ont contacté, mais rien de signé en définitif. Malheureusement, je n’ai pas  trop le temps d’en faire la promotion, j’espère beaucoup du bouche à oreille, et pour l’instant cela se passe plutôt bien.

Exposition de la série, à partir du 7 Novembre à la galerie
 » Design 58  » 58 rue mazzarine Paris 6ème

Site : martiallenoir.com

Auteur : Karen FAURIE