Biographie : Jean-François JONVELLE


« Quand je photographie une femme, je veux qu’elle sache qu’elle est la plus belle de la terre parce qu’une femme qui se sent belle est vraiment la plus belle femme du monde ! ». Ainsi parlait Jean-Francois Jonvelle, l’amoureux des femmes. Né en 1943 à Cavaillon (Vaucluse) il sera l’un des photographes français phare des années 90, aussi bien publicitaire qu’artiste.

Très tôt il se met à faire des photos, « de tout et de rien » comme le souligne sa soeur, puis très vite s’intéresse aux humains… et surtout aux femmes en commençant par sa famille proche, sa soeur, sa mère et sa grand mère. Avec juste un certificat d’étude en poche, c’est un curieux qui s’inspire de tout ce qu’il voit ; la peinture bien sur (Balthus, Bacon, Schiele, …) mais aussi et surtout du cinéma (Orson Welles, Arthur Penn, Hitchcock, Fritz Lang, …). 
C’est à 19 ans que le photographe Georges Glasberg, photographe de paysage et de cirque, l’initiera à la photo professionnelle. A l’âge de 20 ans il devient l’assistant du photographe américain Richard Avedon.

Jonvelle aime s’entourer de femmes et aura toujours besoin de muse à ses cotés. Tout d’abord l’actrice Tina Sportolaro, puis Béatrice et enfin Maud Marker qui deviendra son agent jusqu’en 2000.

En 1981 il est l’auteur d’une des campagnes de publicité les plus citée en école de communication et de publicité de France. « Avenir l’afficheur qui tient ses promesses » avec la non moins célèbre Myriam … Souvenons nous que c’était en 80 et que la publicité était bien plus frileuse que maintenant… Grand photographe publicitaire, il a travaillé pour les marques de lingerie Barbara, Huit, Princess Tam Tam ou encore Lewis ou Gini. Dans le monde publicitaire, l’un de ses amis, Benoit Devarrieux (coprésident de l’agence Devarrieux Villaret), disait de lui : « On ne peut pas résumer la carrière de Jean-François Jonvelle à celle d’un photographe de femmes, voire de charme. Le charme est cet univers trouble entre un érotisme un peu culpabilisé et une complaisance légèrement surannée qui ne sont pas exactement des qualificatifs pour cette modernité qui est la sienne ».

En 1998, le réalisateur Stanley Kubrick en pleine préparation d’Eyes Wide Shut, fit venir Jonvelle à Los Angeles en qualité de consultant afin de mieux appréhender la notion de sensualité chez la femme. Dans le film, on notera d’ailleurs une inspiration forte entre une célèbre photo de Jonvelle et la scène où Nicole Kidman est aux toilettes alors que Tom Cuise refait son noeud de cravate.

Jean-François Jonvelle était une personne appréciée de beaucoup de monde, souriant, simple avec ses jeans basket. Il faisait des photos par amour. Nous sommes d’ailleurs chanceux car c’était aussi une personne qui a publié de nombreux ouvrages et on peut retrouver très facilement son oeuvre, la découvrir ou la redécouvrir.
Il nous a quitté le 16 janvier 2002 d’un cancer foudroyant décelé 15 jours auparavant.

Bibliographie (en gras les livres consultables à l’Ideal Studio)

• Celles que j’aime, 1983, Editions Filipacchi
• Jonvelle Bis, 1989, Éditions de La Martinière, (et une édition japonaise)
• Jonvelle à Venise, 1986, Éditions du Chêne
• Jonvelle à Saint Barthélemy, 1986, Éditions du Chêne
• Jonvelle à Marrakech, 1986, Éditions du Chêne
• A la Parisienne, 1992, pour Nice Claup (Japon)
• Avril Mai Juin, 1994, Éditions de La Martinière, (new cloth), Folio
• Fou d’Elles, 1996, Éditions de La Martinière, collection Petit Format
• Seiko Matsuda in Paris, Suntex publications, 1997 (édité exclusivement au Japon) – 30 x 22 cm, approx. 80 p, photos couleur et n/b, couverture cartonnée
• Jonvelle(s), 1998, Ipso Facto Publisher NYC, bilingue anglais-français
• Balcons, 1999, Ipso Facto Publisher NYC, bilingue anglais-français, en collaboration avec Nathalie Garçon, 112p., 40 photos N&B

Editions posthumes
• Photographies, 138 p., 208 photos N&B

Auteur : Pierre MAGNE