Une grande page se tourne, au revoir Kodac !


Extrait de l’article de l’Humanité : « Kodak, le pionnier de la pellicule photographique qui a apporté au monde les premières photos de la Lune, a déposé son bilan jeudi au terme de plusieurs années très difficiles.

La société, créée il y a plus de 130 ans, avait essayé de se restructurer après le passage de l’argentique au numérique en se diversifiant dans les produits grand public comme les appareils photo et les imprimantes, mais sans succès. Le groupe, qui a pourtant inventé l’appareil photo numérique, n’a plus enregistré de bénéfice depuis 2007.

Concrètement, Kodak et ses filiales américaines demandent à bénéficier de la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Les filiales étrangères ne sont pas concernées et continueront à honorer leurs engagements auprès de leurs fournisseurs. La procédure de dépôt de bilan ainsi que la ligne de crédit visent à donner du temps au groupe pour trouver des acquéreurs pour ses quelque 1 100 brevets numériques, tout en lui permettant de continuer à payer ses 17 000 salariés. Le groupe souligne que ses brevets en imagerie numérique sont utilisés dans pratiquement tous les appareils photo numériques, smartphones et tablettes. Kodak a aussi des brevets dans les techniques d’impression. »

Une page donc se ferme…. l’époque d’une grande aventure photographique, il était déjà pas courant de trouver des films de qualité, cela le sera encore moins… à croire que certains d’entre nous font parti des dinosaures, nous sommes pourtant si jeune encore… comment expliquer aux générations futures ce que nous avons connu?

Certes le monde évolue, mais à quel prix? Un exemple tout bête, la musique : métier élitiste au départ, car produire une série de disque vinyle dont le cout n’était pas donné, voyons ce qu’il en est devenu, aujourd’hui nous sommes « spamé » de pseudo chanteurs ou groupes qui ne durent que le temps d’une chanson ou deux, où est la qualité? C’est sûr, le Cd audio et maintenant le Mp3 ont démocratisé l’écoute de musique, mais au prix de la qualité.

Pour la photographie, l’exemple est le même, quand un photographe tirait sur film ses photos, puis les développait, cela avait un cout, sans ce cout, pas de photographie, donc il donnait le meilleur de lui même, à l’heure actuelle, le numérique nous a permis d’améliorer nos techniques de prise de vue, de traitement et s’ouvrir à de nouveaux genre photographique, mais à quel prix? Faisons le tour de ce que nous pouvons constater quotidiennement, de plus en plus de personnes avec peu de moyens (un reflex entrée de gamme avec un objectif 18-55mm coute en moyenne 500€) accèdent à la photographie, ce n’est pas gênant tant que cela reste une passion… mais beaucoup s’imaginent, que parce qu’ils ont eu deux ou trois « wahou » de la part de leurs amis ou famille, qu’ils peuvent prétendent au titre de photographe et encore plus au titre de photographe professionnel, avec quelle technique? Quelle approche de la photographie? Quel savoir? Et la qualité? Dans 80% des cas, les photos manquent réellement de savoir faire et savoir être… mais c’est tellement simple, avec le numérique, clic clac j’ai fait 300 photos, pas grave, je paie pas le développement…

Voilà où nous en sommes.. la technique, la technologie évoluent, mais à quel prix? Devront-nous complètement un jour oublier la qualité du travail au détriment du cout? C’est une question à laquelle il va falloir réfléchir grandement et trouver une réponse…

 

Par Fabien PASCAL