A vouloir toujours réduire les budgets on fini par ne plus être crédible.


Vous ne le savez peut être pas mais depuis la première guerre du Golfe, toute la profession s’entend pour dire que la photo vit des heures très difficiles. Les agences de communication, les clients notamment vépéciste (La Redoute, 3suisses, …) tentent de diminuer de plus en plus les frais.

Pour augmenter les profits (entendez diminuer les coûts), on a commencé à limiter les voyages. On ne part pas aux Seychelles, en Afrique du Sud ou au Mexique pour le seul plaisir de voyager. Bien souvent on va dans ces destinations de rêve pour trouver le soleil, la belle lumière… souvent bien plus qu’un paysage magique. Combien de fois les équipes photos n’ont elle entendu « non non on ne veut pas que la cliente sache où a été faite la photo, je veux juste du ciel, de la mer et de la plage, c’est tout ».  Au départ les jours de répérages, permettant de découvrir le pays et de savoir ce que l’on allait photographier et où on allait le faire, se sont vus réduire comme peau de chagrin… L’unique jour de repérage se transforma ensuite en « Weather day »… un jour libre permettant, si le temps ne le permettait pas, de récupérer les shootings que l’on ne pouvait faire…  Voulant toujours aller plus vite, moins cher, les jours de repérage furent abandonnés, les weather days oubliés …

Partir est devenu plus compliqué, on a de plus en plus souvent des demandes pour faire comme si nous étions dans les îles, mais en faisant une série de photo sur la côte belge ou même en studio… bien sûr, le nombre de photo a grimpé… de 8 photos par jour, on est vite passé à 12 voir 15… récemment certains clients demandent 18 ou 20… Il n’est pas rare de voir des équipes faire 23 ou 24 photos jours… Les imbéciles… ils en sont même parfois fiers

Pour les rares voyages encore possible, les clients ont commencé à ne plus envoyer de directeur artistique ou de maquettiste… On shoote sans direction, on envoie le soir les photos (heures sup non payées) et on voit si ca passe… sinon on doit reshooter… Pire certains clients n’envoient plus d’équipes en voyage… on envoie le client et le photographe c’est tout… quid du reste de l’équipe ? On le prend sur place… pas de frais d’avion, pas de frais d’hébergement… Alors bien sur la cohésion est moins grande, bien sûr on se comprend moins bien (imaginez un photographe francophone bossant avec un assistant sud africain qu’il découvre le matin même du shooting)… Parfois même des photographes se passent d’assistant… Quid de la sauvegarde des données, de la tranquilité d’esprit du photographe pour avoir le temps de réfléchir à sa prochaine photo…

Bref, on shoote de plus en plus vite, de plus en plus mal pour gagner de l’argent… Alors fake ou pas, le monsieur tout nu de La Redoute est un bon exemple évident des ratés dûs à des rythmes toujours plus rapides. Moins évident la diminution de la qualité des photos… des produits de moins en moins bien présentés, des coiffures de plus en plus aléatoires, des lumières de plus en plus laides… On peut se dire que le client ne voit pas tout cela … consciemment peut être … mais inconsciemment ? La psychologie cognitive est riche d’exemple montrant l’orientation inconsciente des sujets en fonction de données très subtiles….

Dernier en date, une photo qui fait tâche… Encore La Redoute… depuis l’Audit de 2009 imposant plus de photo en moins de temps et moins d’argent on ne cherche plus la raison d’une telle dégradation de la qualité des images.