L’autre bout du monde en deux clic


Pour la 16ème année consécutive, le Prix HSBC pour la Photographie accompagne ses lauréats en organisant une exposition itinérante de leurs oeuvres et publie avec Actes Sud leur première monographie. Durant tout le mois de novembre, les séries de clichés des lauréats 2011, Alinka Echeverria et Xiao Zhang sont exposées à la Maison de la Photographie de Lille.

Alinka Echeverria, passionnée de photographie, a parcouru différents pays et a étudié l’anthropologie visuelle et culturelle. Une caractéristique nettement retrouvée dans ses clichés. À travers sa prodigieuse série « Sur le chemin de Tepeyac », l’artiste s’est intéressée aux millions de pèlerins se dirigeant chaque année vers la basilique de la Guadalupe, près de Mexico. Chaque fidèle emporte sur son dos une représentation personnelle de la Vierge afin de la bénir. La photographe a choisit de mettre en scène la silhouette de 300 pèlerins dissimulée sous les immenses représentations de la Vierge de Guadalupe. Elle choisit une dé-contextualisation afin d’insister sur la démesure de cette croyance.

Agnès Sire souligne « l’accumulation des personnages, la beauté et l’étrangeté de leur harnachement, constituent une série exceptionnelle qui permet de visualiser la beauté du geste et sans doute la métaphore du surréalisme mexicain.»
Comme Alinka Echeverria, Xaio Zhang a été choisi par Agnès Sire, conseillère artistique du prix, parmi douze candidats retenus après consultation de plus de six cents dossiers.

Par la série « Coastline », Xaio Zhang, a préféré s’éloigner des photoreportage classique, afin de nous transmettre, une facette différente et contemporaine de la Chine. A travers ses clichés en bord de mer, l’artiste souhaite montrer la Chine à un moment précis de son histoire, en pleine évolution. En effet, on aperçoit sur les images, les littoraux où se multiplient les constructions, et qui apparaît comme un eldorado pour de nombreux chinois. Le photographe décrit cette côte comme belle et douloureuse, où se mêle l’espoir de tant de Chinois venus des campagnes à la recherche de travail et de jours meilleurs, à la misère et la pollution. Xiao Zhang, expose par de très belles images, la Chine actuelle, en se centralisant sur des scènes de la vie quotidienne, prenant pour décor ces paysages à la fois beaux et dénaturés.

Le travail de l’artiste à séduit Agnès Sire par « une approche délicate, classique mais avec une grande maîtrise des couleurs et une distance subtile sur le paysage où l’on retrouve, de façon très contemporaine, les motifs de la peinture chinoise ».

http://www.maisonphoto.com/
Les magnifiques photographies de ces deux auteurs sont à découvrir jusqu’au 30 novembre, à la Maison de la photographie, 18, rue Frémy.

par Aurélie Renzi